Boeny : vers la sécurisation de la filière Black eyes ou Lojy

« Pourquoi sécuriser la filière Black eyes dans la Région Boeny ? Parce que des spéculateurs malveillants mettent en danger la bonne marche des transactions qui assurent une activité pérenne,  garante de la vie économique de bon nombre de gens et du développement de la région. C’est une filière stratégique chez nous, alors elle mérite notre attention. Ce sont les opérateurs locaux qui sont les premiers touchés, viennent ensuite les cultivateurs ».

Ainsi-a-t-il révélé le Chef de la Région Boeny Saïd Ahamad Jaffar sur la situation actuelle de la filière Lojy ou Black Eyes dans la région,  au cours d’une réunion préparatoire, à son bureau le mercredi 17 juin 2015.  Notons qu’il a convoqué cette réunion en vue de la tenue d’un atelier de mise en place d’une plate-forme de concertation et de décision commune sur ce produit phare de Boeny, prévu le 30 juin prochain.

Le CR Boeny

Dans sa présentation des faits à l’assistance,  composée d’opérateurs économiques dont la plupart sont des indopakistanais  résidents, de représentants des forces de l’ordre, de responsables de Services techniques déconcentrés tels  le Commerce, la Douane, le Trésor, le Transport, l’Impôt, de Staff et Techniciens de la Région Boeny,  le Chef de Région a livré les détails de cette entrave économique sur fond de blanchiment d’argent aussi.

Un accord de partenariat a été établi entre les opérateurs locaux et les cultivateurs de la région, comme quoi ces derniers reçoivent des opérateurs des semences et des appuis techniques en termes de culture.  En revanche, les bénéficiaires sont tenus à revendre les produits à ces mêmes opérateurs partenaires.

Actuellement, le cours du marché est estimé à 2 000 ariary le kilo du Black eyes ou Lojy entre ces deux parties.  Or des opérateurs étrangers, munis d’autorisation d’origine douteuse, viennent perturber cette entente en achetant à plus de 2 500 ariary le kilo,  directement auprès des cultivateurs. Le danger est là ! Car c’est une opération ponctuelle. Ce qui incite les opérateurs locaux à ne plus soutenir les cultivateurs faute d’infidélité, du coup la production diminue  et la survie de la filière devient incertaine.

Le Prosperer Boeny - Copie             Sur fond de blanchiment d’argent aussi,  parce qu’il est difficile pour les autorités locales de surveiller le respect du rapatriement de devises que doivent effectuer ces opérateurs étrangers intrus. Or le suivi de telles  transactions devient titanesque voir impossible faute de moyens conséquents alors que  Madagascar fait partie de la SADC où le libre échange des marchandises à l’intérieur de la zone est quasi effectif.